Le Pérou, en demi-teintes

Nous avons quitté Nasca à 6 heures ce matin, les coqs chantaient bien avant le lever du soleil.

Encore quelques dizaines de kilomètres pour atteindre l’océan. L’air frais de la nuit a fait surgir des couches de nuage sur le sable encore tiède de la veille. Gris sur gris, à l’infini. Je suis comblée.
L’océan apparaît enfin. Pas de bleu, trop de brouillard. Sur les prochains 300 kilomètres, sur la droite, l’immensité de l’océan, à gauche, celle de la pauvreté et du dénuement.
La Panaméricaine sud, telle la route 1 longeant le pacifique, en Californie. La même eau, mais bordant ici un tout autre univers. Un pays en manque d’espoir.
Défile devant nous un paysage lunaire: hauts plateaux, dunes gigantesques, crevasses et rochers sortis de terre par des puissances géologiques ou sismiques. Nos yeux ne s’y font pas immédiatement, nous manquons de repères, cette dimension grandiose dans laquelle nous voyageons nous est inconnue.
On a mis de la musique, j’avais apporté ce qu’il faut pour les longs road trip.
Julie Caron, Octobre 2014